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Julien Momont (@JulienMomont)
Journaliste sportif. Pigiste à L’Equipe 21.
Diplômé de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille et de Sciences Po Lille
L1, Lyon 0-1 Paris – Comment le PSG a rendu l’OL latéral
Dans le choc de la 36e journée de Ligue 1, le PSG s’est imposé à Lyon (0-1), validant son titre de champion de France.
Comment Paris a contraint-il l’OL à jouer latéral ? Explications.
Se replacer rapidement à la perte du ballon
S’il est une caractéristique qui définit le PSG version Ancelotti, c’est sa rigueur tactique. Dès la perte du ballon,
dimanche soir, les Parisiens se sont rapidement replacés dans leur camp, pour parer à toute éventualité d’attaque rapide lyonnaise. L’entraîneur italien a notamment réussi à faire de Pastore un joueur discipliné défensivement. Une nécessité pour un joueur de couloir dans un 4-4-2.
Ce replacement rapide a empêché Lyon de jouer en contre à la récupération. Objectif pour Paris : placer deux lignes de quatre devant le ballon, pour maintenir l’OL dans des attaques placées. Les hommes de Rémi Garde ont peiné à trouver des solutions vers l’avant, notamment à cause de l’absence d’appels en profondeur. Mais aussi en raison du comportement défensif parisien. Esseulé, Gomis n’a touché que 32 ballons, bien peu face aux 71 de Zlatan. La preuve de la différence de faculté à trouver ses attaquants.
Fermer les lignes de passe
4-3-3 contre 4-4-2, qui plus est avec un Gourcuff aspiré vers le centre : Paris était en infériorité numérique dans l’axe du milieu de terrain. Cela a permis à Lyon de s’installer dans le camp du club de la capitale, en début de match. Avant que Thiago Motta et Matuidi ne montent en puissance, pour régner en maîtres sur l’entrejeu.
La clé : un placement intelligent, pour couper les lignes de passe vers les relais offensifs lyonnais. Grenier, notamment, a eu beaucoup de mal à peser sur le jeu de son équipe. D’où la sensation d’une formation rhodanienne coupée en deux. La densité du bloc parisien a limité les espaces et réduit le temps de décision pour les créateurs lyonnais, d’où un important déchet dans les trente derniers mètres.
L’entrée de Lisandro (64e) a fait passer l’OL en 4-4-2. Cela n’a pas arrangé les choses, bien au contraire. Lyon est resté rigide, sans joueur prenant les intervalles pour ouvrir des lignes de passe vers l’avant. Résultat : un jeu très majoritairement latéral ou en retrait.
Le danger pouvait pourtant venir des ailes, très sollicitées compte-tenu de l’embouteillage dans l’axe. Mais les joueurs de couloir lyonnais, eux n’ont plus, n’ont pas trouvé de relais intérieurs. Yoann Gourcuff en est la meilleure illustration. Ses statistiques dans le jeu sont très propres : 46 passes tentées, 43 réussies (93 % de réussite). Mais si l’on regarde attentivement la retranscription de ses transmissions (fig. 1), seules une dizaine ont été effectuées vers l’avant.
Fig. 1 – Les flèches indiquent les passes effectuées par Yoann Gourcuff. Très peu de déchet, mais seulement une dizaine sur 46 vers l’avant. (Source : StatsZone)
Coulisser et presser
Pour contraindre Lyon à un jeu latéral et bloquer les solutions intérieures, Paris a intelligemment coulissé d’un côté à l’autre. Motta et Matuidi, en couverture derrière leurs ailiers et/ou latéraux, ont contribué à neutraliser les couloirs lyonnais, sans solutions autres que vers l’arrière ou latérales.
D’autant que l’OL n’avait pas les moyens pour faire la différence individuellement. Gourcuff n’est pas un joueur de un contre un, et Benzia, qui n’a réussi aucun dribble dimanche soir, a manqué de puissance pour prendre le dessus sur Maxwell. De leur côté, Dabo et Fofana ont tous les deux le même profil, physique bien plus que technique.
Fig. 2 – Les schémas des passes de Lyon et Paris dans les trente derniers mètres adverses. La latéralité lyonnaise est frappante, avec peu de passes axiales réussies vers l’avant. Paris, au contraire, a eu un jeu plus direct et plus vertical, certes moins précis mais aussi plus risqué. (Source : StatsZone)
Le pressing du PSG lui a permis, après une entame de match compliquée, de sortir peu à peu et de prendre le contrôle du match – 53 % de possession pour Paris au final, une rareté pour une équipe en déplacement à Gerland. Il a été aussi à la base de la victoire, lorsque Gonalons s’est risqué à quitter sa position de sentinelle. En première période, un contrôle manqué du milieu lyonnais a débouché sur un contre parisien rapide, conclu par un face à face Ménez-Lopes remporté par le portier rhodanien. Première alerte.
La seconde, peu après le repos, a été fatale à l’OL. Une récupération haute de Motta dans les pieds de Gonalons a profité à Zlatan. Le Suédois a remis en retrait à son milieu de terrain, lequel a décalé Ménez à gauche. Cette fois, l’international français n’a pas manqué l’occasion de tromper Lopes (0-1, 53e). Lyon, en panne de rythme et d’intensité, à court d’idées et de solutions, ne s’en est pas remis. Douchez n’a été inquiété que sur coups de pied arrêtés (tête de Gomis, 2e ; coup franc de Grenier, 13e) ou tirs de loin (Benzia, 12e ; Gourcuff, 49e).
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Excellent article. Qualité d'écriture. Pertinence de l'analyse. Présentation parfaite. Très bien étayé.
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